110. Ce n’est pas un numéro d’urgence, mais la marque d’un indicateur qui fait parler les marchés. Le Rate of Change, plus connu sous son acronyme ROC, s’impose comme l’allié discret mais efficace de nombreux traders. Derrière ce nom un brin austère, un outil technique qui dissèque le rythme des prix, repère les accélérations soudaines ou les coups de mou, et dévoile parfois les prémices d’un retournement. Le ROC ne se contente pas d’éplucher les cours : il ausculte aussi les volumes, pour une vision à 360° du terrain de jeu boursier.
La formule du ROC
Pour ceux qui aiment les chiffres, le ROC se résume à une opération limpide :
(Prix_i / Prix_(i-n)) * 100
Ici, le « Prix » correspond au niveau actuel, « i » désigne le jour présent, et « n » la période choisie pour la comparaison. La période de 12 jours s’est imposée comme un standard. Si un titre grimpe de 10 % en douze jours, le ROC pointe alors à 110. Simple, mais redoutablement parlant.
Ce n’est pas un gadget réservé aux initiés. Avec un peu de méthode, chacun peut s’approprier cet indicateur. Pour approfondir, les curieux peuvent jeter un œil à des références reconnues comme Saxo, qui détaillent ses subtilités.
Calcul du ROC sur les volumes
Le ROC étend son champ d’action au-delà des prix et s’applique aussi aux volumes. On parle alors de Volume ROC. Rien de plus simple : il suffit de comparer les volumes échangés entre deux journées, selon la même formule que pour les prix de clôture. Le résultat offre une autre perspective, complémentaire, sur la dynamique du marché.
Regardons le CAC 40 à travers cette loupe : sur un graphique, le ROC calculé sur douze jours révèle plusieurs paliers-clés. Le niveau 100, matérialisé en bleu, joue le rôle de repère. Un ROC à 100 traduit une stagnation sur la période : le prix n’a pas bougé en douze jours. C’est un peu comme une pause sur la ligne du temps, le marché retient son souffle.
Ce type de lecture prend tout son sens pour repérer les moments de tension sur les prix. Prenons le CAC 40 comme cas d’école : chaque fois que le ROC tombe sous le seuil des 90, on observe, peu après, un rebond. Le marché corrige son excès, les prix repartent à la hausse, validant la pertinence de l’indicateur pour détecter des sous-évaluations passagères.
Pour que le ROC colle à votre stratégie, quelques ajustements s’imposent. La période de référence peut varier selon l’horizon de placement, mais douze jours reste un choix éprouvé. Il est aussi judicieux de moduler les niveaux de surchauffe ou de faiblesse, selon la volatilité de l’actif étudié.
L’identification des divergences et la stratégie des zones de surachat/survente
Deux approches se distinguent lorsqu’on met le ROC à contribution : traquer les divergences, ou surveiller les allers-retours dans les zones de surachat et de survente. Les divergences, comme en analyse du momentum, servent d’alerte précoce. Quand le ROC donne un signal opposé à la tendance des prix, mieux vaut tendre l’oreille.
Sur le graphique du CAC 40, deux situations sautent aux yeux : une divergence haussière précède un rebond marqué, puis une divergence baissière annonce une consolidation robuste. Ces signaux ne sont pas des promesses, mais ils offrent des points d’appui pour anticiper les secousses à venir.
Le Rate of Change n’est pas un simple indicateur parmi d’autres. Bien utilisé, il aiguise le regard de l’investisseur, affine le sens du timing, et éclaire les recoins parfois obscurs du marché. Ceux qui savent le lire attrapent souvent un temps d’avance. La bourse n’attend pas : à chacun de trouver le rythme et de saisir le tempo, avant que la mélodie ne change.

