L’achat d’une première maison mobilise beaucoup d’attention sur le prix du bien, les frais de notaire ou le taux du crédit. L’assurance habitation, elle, arrive souvent en dernier dans les calculs, alors qu’elle mérite d’y figurer dès le départ. Voici ce qu’il faut vraiment comprendre avant de signer.
Un poste budgétaire à anticiper dès le départ
Contrairement à une idée reçue, l’assurance multirisque habitation (MRH) n’est pas légalement obligatoire pour un propriétaire occupant d’une maison individuelle. En revanche, la banque qui accorde le crédit immobilier l’exige presque systématiquement, au minimum pour couvrir l’incendie et les dégâts des eaux. En pratique, elle est donc incontournable.
C’est d’ailleurs l’un des points mis en avant dans le guide sur l’assurance habitation publié par Architecture Bois Magazine : anticiper ce poste dès la budgétisation évite les mauvaises surprises au moment de la signature. Pour un propriétaire occupant, la prime annuelle tourne autour de 275 à 285 euros en moyenne, davantage pour les grandes surfaces (395 euros par an au-delà de 110 m², selon le baromètre de décembre 2025). Ces chiffres ont progressé ces deux dernières années, portés par la hausse des coûts de réparation et la multiplication des sinistres climatiques : +7,2 % en 2024, +7,8 % en 2025, selon France Assureurs.
Ce que couvre vraiment un contrat MRH
Un contrat standard inclut généralement l’incendie, les dégâts des eaux, les événements climatiques (tempête, grêle), la responsabilité civile et, selon les formules, le vol ou le bris de glace. Des garanties optionnelles peuvent s’y ajouter : protection juridique, couverture des dépendances ou du jardin, objets connectés. Chaque option représente en moyenne 2 à 8 euros supplémentaires par mois, ce qui reste marginal comparé à la couverture obtenue.
Si vous faites construire, deux assurances s’ajoutent au tableau. La garantie décennale, à vérifier du côté du constructeur avant tout contrat, couvre les vices de construction pendant dix ans. L’assurance dommages-ouvrage, elle, est obligatoire pour le maître d’ouvrage (c’est-à-dire vous) et doit être souscrite avant l’ouverture du chantier. Son coût représente environ 1,5 à 3 % du montant des travaux, mais elle permet d’être indemnisé rapidement en cas de malfaçon grave, sans attendre une décision de justice.
Maison en bois : quelques précautions spécifiques
Une construction bois conforme aux normes (DTU 31.2, certification NF Maison Individuelle, qualification Qualibat du constructeur) peut tout à fait être couverte par un contrat MRH standard. Le risque incendie supérieur souvent attribué aux maisons en bois est davantage un mythe persistant qu’une réalité technique, à condition que la construction respecte les règles de l’art.
Quelques points méritent toutefois une attention particulière. La garantie humidité et moisissures est parfois exclue des contrats, alors que le bois y est vulnérable. La couverture contre les parasites (termites, capricornes) est rarement intégrée d’office selon la zone géographique. Enfin, déclarer explicitement à l’assureur qu’il s’agit d’une maison en bois est indispensable : une omission peut entraîner la nullité du contrat en cas de sinistre.
En comparant plusieurs assureurs, y compris des acteurs digitaux dont les tarifs sont souvent plus compétitifs, certains propriétaires dégagent plus de 150 euros d’économie annuelle par rapport à une souscription sans mise en concurrence. Un effort limité, pour une couverture qui protège l’investissement d’une vie.

